Pour les vendanges, fixées par un ban, la caque donnait l'unité de mesure du raisin cueilli. Les caisses de plastique qui les remplacent sont encore appelées caques. Le vigneron champenois a longtemps vendu la totalité de sa récolte à bas prix aux négociants qui élevaient le vin et le champagnisaient. Les risques de casse étaient si grands avant qu'on maîtrise totalement la prise de mouse qu'il fallait de gros capitaux. Certaine maison, comme Krug au XIX siècle, fabriquaient pour d'autres le vin sur lattes, avant de devenir négociants directs, ce que font aujourd'hui de grandes coopératives qui commercialisent leur champagne sous des marques très anciennes. Depuis les grandes émeutes vigneronnes d'avant 1914, et surtout depuis la création du C.I.V.C. (Comité Interprofessionnelle des Vins de Champagne), organisme interprofessionnel, les vignerons peuvent ne vendre aux maisons qu'une partie de leur récolte et champagniser eux-mêmes ou en coopératives, ce qui élève notoirement leurs revenus. Aujourd'hui le vigneron marnais n'est plus l'agriculteur besogneux exploité par de grands négociants. Les villages viticoles sont riants et riches, contrairement à ce qu'ils étaient au siècle dernier. Leur histoire tient presque au conte de fée, si on oublie leurs années d'efforts techniques et sociaux. Les vendanges sont perçues en général comme un moment agréable dans la vie d'un village. on rencontre parmi les vendangeurs: des étudiants qui viennent travailler juste avant la rentrée, des ouvriers relativement jeunes qui prennent leurs vacances à cette occasion, des retraités parfois et des tziganes travaillant de-ci, de-là. Dans les petites exploitations, on trouve souvent une forte proportion de parents du propriétaire avec leurs amis. De nombreux vendangeurs reviennent tous les ans chez le même vigneron. En général il y a autant d'hommes que de femmes. La majorité des vendangeurs viennent de la Marne ou de l'Aube. Les grosses maisons emploient quelques élèves des collèges. On rencontre aussi un certain nombre de mineurs qui viennent du Nord juste pour la saison des vendanges. Il y a, enfin, quelques saisonniers espagnols qui commencent les vendanges dans le Midi au mois de Juillet et remontent ainsi jusqu'en Alsace. Quelques propriétaires louent des cars et installent des bureaux d'accueil dans les gares de Reims et d'Épernay pour conduire dans les exploitations ces vendangeurs. Les grand propriétaires emploient jusqu'à 80 vendangeurs. On trouve en moyenne, une vingtaine d'ouvriers dans les petites exploitations.

Quatre sortes de tailles
Le cordon de Royat se pratique dans les grands crus de raisin noir. Il faut laisser monter le cep verticalement jusqu'à la hauteur du premier fil de fer, qui se trouve à environ cinquante centimètre du sol, puis l’incliner à angle droit. Cette taille se pratique sur plusieurs années. Tous les ans le vigneron coupe les sarments qui ont poussé sur la souche verticale : il en laisse un seul taillé à deux yeux, qui sera utilisé l’année suivante pour remplacer la charpente âgée. Sur la partie horizontale, il garde un morceau de sarment de deux yeux, appelé « courson », ainsi qu’un prolongement horizontal comportant quatre ou cinq yeux suivant les espèces.
La taille de Chablis est adoptée surtout pour les vignes à raisins blancs. Sur la souche basse, quatre charpentes (sarments) sont conservées. Elles ont droit chacune à un long bois de fruits les prolongeant et comptant cinq yeux. Ces quatre charpentes de longueurs différentes doivent être fixées sur deux fils de fer, pour que les bois à fruit ne se superposent pas.
Pour la taille Guyot , le vigneron ne garde sur la souche basse qu’un long bois de dix yeux couché horizontalement sur le fil et un courson à trois yeux sur le cep nommé «rachet». Cette méthode est interdite pour les grands crus car elle ne permet pas d’obtenir de bons vins.
La taille de la vallée de la Marne se pratique dans quelques communes du département. Elle ressemble la première année à la taille de Guyot ; en revanche, la deuxième année, le vigneron garde un prolongement de six yeux sur le long bois de l’année précédente.

Tonneliers et « affoireurs de vins
Les tonneliers d’Argonne, qui fournissaient en futailles les vignerons de Champagne, sont restés jusqu'à l’aube du XIXe siècle des artisans ruraux, spécialisés dans le travail du bois. Dés 1739 à Reims, il existait une corporation de tonneliers, travaillant dans le quartier des artisans du bois (industrie bruyante). Mais certains étaient en même temps « affoireurs de vins », et, à ce titre, participaient au soutirage et aux livraisons (avec le poulain et le moulinet comme instruments de manutention). Un Nicolas Cliquot était en 1769 parmi les jurés de la corporation des tonneliers-courtiers, c’est à dire qu’il servait d’intermédiaire dans le négoce des raisins et des vins. Les conflits entre les tonneliers et les autres corps de métiers étaient nombreux. Aussi les maisons de champagne ont-elles estimé préférable d’avoir des tonneliers attitrés, comme les ouvriers de cave.
Une forte corporation de tonneliers-cavistes existait à Reims depuis 1830 et comptait encore 3 000 membres en 1930. La tonnellerie a quasiment disparu et les travaux de cave sont automatisés. Les derniers cavistes s’associent maintenant à la fête de Saint-Vincent, ayant abandonné le patronage de saint Jean-Baptiste qu’ils avaient hérité des tonneliers.

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