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Un vestige du plissement hercynien : l'Ardenne Les plissements résultent de la compression latérale de l'écorce
terrestre entraînant la surrection des sédiments accumulés durant de
longues périodes dans des fosses marines profondes, dont les bords, formés de
roches anciennes dures et cassantes, se rapprochent comme les mâchoires d'un
étau. A la fin de l'ère primaire (de 550 à 220 millions d'années av.
J.-C.), le plissement hercynien fait surgir un certain nombre de hautes
montagnes parmi lesquelles l'Ardenne. Parcelle du grand ensemble schisteux
belge et allemand, ce massif enrobé de terrain secondaire va être nivelé
par l'érosion. Il atteint 502 m d'altitude à la Croix de Scaille, sur la frontière
franco-belge, et se présente comme un plateau à peine ondulé, entaillé par
la Meuse et la Semoy. La Meuse se fraye un passage à travers des roches très
dures, déplie ses méandres étroits au pied des pentes sombres (les parois
à pic des Dames de Meuse s'élèvent à 270 m au-dessus de l'eau), couverte
de forêts de feuillus et de conifères ; dans la pointe du Givet, elle
emprunte des vallées élargies dans les bandes de schistes et de calcaire. La
formation des sols champenois La Champagne fait partie du Bassin Parisien, cette vaste cuvette qui
s'appuie, au Nord, sur le massif de l'Ardenne, à l'Est, sur celui des Vosges,
au Sud, sur le Morvan et le Massif Central, à l'ouest, sur le Massif
Armoricain. Au milieu de l'ère secondaire ( de 220 à 65 millions d 'années
av. J.-C.), le socle ancien s'effondre et la mer envahit le Bassin Parisien,
devenu un vaste golfe. A l'époque tertiaire (de 65 à 2 millions d'années
av. J.-C.), par deux fois mer et lacs l'occupent : les sédiments (sables, dépôts
calcaires) s'accumulent sous forme d'auréoles concentriques, de dureté inégale,
séparant le centre du bassin des massifs primaires. D'Ouest en Est, on trouve
: le plateau de Brie et du Tardenois ; la Champagne crayeuse, grande auréole
de craie dont la Picardie dessine l'autre rebord ; La Champagne humide et ses
rebords (l'Argonne) ; le Barrois et le plateau de Langres. On peut comparer la
configuration de cette région à une pile de plats emboîtés, l'ancienneté
des plats diminuant avec leur taille. Sous l'effet du plissement alpin, ces
longues tables de roches sédimentaires ont pris une inclinaison montante vers
l'Est et le Sud-Est.
Le
travail de l'érosion : le relief de côtes Durant l'ère quaternaire (début : il y a environ 1,8 million d'années),
les effets de l'érosion achèvent de donner à la région sa physionomie
actuelle. De la Brie et du Tardenois jusqu'au plateau lorrain se déploie un type
particulier de paysage, fait d'une succession de plateaux, de côtes et de dépressions
argileuses. Les côtes - On en compte cinq :
la célèbre ( falaise de l'Ile de France ), ligne de côtes incurvée de la
Seine à l'Oise, dont l'abrupt, fortement marqué, est une forme de relief les
plus typiques de la région ; la côte de Champagne ; la côte des Bars ; la côte
de Meuse ; la côte de Moselle. Appelées aussi (cuestas), elles ont été dégagées
par l'érosion, qui a rencontré une couche dure (calcaire) surmontant une
couche tendre (argile, marne), rapidement déblayée. La corniche de roche
dure constitue la côte ou front de côte qui regarde l'Est. Elle domine la
plaine de 100 à 200 m. Leur rebord est irrégulier, festonné de ravins, de
percées en entonnoir (l'Aisne, la Marne, la Vesle, les deux Morins), dans
lesquelles pénètre le vignoble, de saillants (montagne de Reims), précédé
de buttes-témoins. Les pentes, abritées des vents humides, possèdent des sols légers (éboulis
faciles à travailler) et fertiles (sous-sol crayeux s'échauffant rapidement
au printemps), où se concentre le vignoble et les vergers. Les villes
importantes, comme Reims, se situent sur les grandes voies de passage qui
longent les côtes. Les buttes-témoins -
C'est le mont Aimé (240 m) ou le mont Sarran. Rebord d'érosion, la cuesta
recule plus ou moins rapidement ; les buttes isolées, en avant des côtes,
rappellent leur ancien tracé. Elles ont été épargnées par l'érosion en
raison de la résistance offerte par leur chapeau calcaire. Mais des accidents
tectoniques interviennent également pour guider et fixer les côtes et les
buttes témoins.
Les plateaux calcaires - Le
revers de la côte est une table de roche dure. La plus célèbre est la
Champagne crayeuse. Avant les progrès de l'amendement, cette région était si
pauvre quelle était qualifiée de "pouilleuse" par les physiocrates
du 18ème siècle : "La Champagne pouilleuse, à laquelle
juillet vient de couper ses cheveux d'or ; de grandes plaines jaunes et nues,
immenses et molles vagues de terre au sommet desquelles frissonnent, comme une
écume végétale, quelques broussailles misérables […] " (Victor
Hugo, Lettres). Les formes sont molles, les versants adoucis, la cuesta
parfois estompée. Le délitement de la craie sous l'action du froid crée des
amas de débris accumulés qu'on appelle grève ou (grouines). Cette région dénudée,
qui donna son nom à la Champagne (étymologiquement : "plaine
calcaire"), forme un arc de cercle de 80 km. On peut le situer sur la
carte au relâchement du réseau routier et à l'espacement des villages. Le
plateau est aride malgré l'abondance des précipitations. L'eau, s'infiltrant
à travers les fissures de la craie, ne reparaît que dans le fond des
vallons, sous forme de sources appelées "sommes", d'où le nom de
nombreux villages : Somme-Vesle, Sommesous, Somme-Suippe. Quelques rivières :
l'Aisne, la Marne, l'Aube, la Seine, creusent de grandes vallées alluviales
à fond plat, humides et verdoyantes, au centre desquelles se concentrent
villes et villages. Le plateau de Brie et du Tardenois, drainé par de rares
rivières : la Marne, les deux Morin et la Seine, est constitué d'une couche
de marnes imperméables, qui entretient l'humidité, recouverte de calcaire
siliceux et de meulières. Le Barrois autre plateau calcaire et marneux, est
sillonné par les vallées de la Saulx et de l'Ornain, le long desquelles se
sont installées les principales localités : Bar le Duc et Ligny en Barrois.
Il se prolonge au Sud-Ouest par la côte des Bars (Bar sur Aube, Bar sur
Seine), dont les versants sont recouverts par le vignoble champenois de
l'Aube.
Les dépressions argileuses - Leurs sols sableux et argileux (donc imperméables) ont été facilement déblayés par l'érosion. Encerclant l'auréole de la Champagne crayeuse, la gouttière étroite de la Champagne humide est un pays où l'eau est partout, troué d'étangs et de marécages ou strié de ruisseaux (Der, pays des étangs au sud de l'Argonne), Bocager, coupé de bois, de pâturages, de vergers de pommiers (Rethelois, Porcien, Thiérache), avec quelques belles futaies (Forêts de der, d'Orient, de Chaource). La création des grands réservoirs de la forêt d'Orient et du Der-Chantcocq a transformé le paysage. Ce fut longtemps le pays des bûcherons et des vanniers. Les terres grasses, difficiles à travailler, ont servi de labours et sont destinées, de nos jours, à la pâture et à l'élevage : dans le Vallage, entre Aube et Marne (les principales localités sont St-Dizier, Joinville, et Wassy) et la dépression pré ardennaise, où paissent de beaux troupeaux de vaches et de chevaux de trait, à coté des cultures de céréales et de légumineuses. Les vallées fluviales (Aube, Marne, Seine) sont larges ; au Nord, les sols limoneux du Perthois, cône de déjection au confluent de la Marne et de l'Ornain où se sont accumulés les débris des régions voisines, sont le terroir des grandes cultures. Des reliefs résiduels subsistent dans ces régions déprimées, tel le promontoire de Brienne-le-Château.
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